Halte à la dégradation du service public municipal scolaire : Développons des écoles de qualité pour rendre Alès plus attractive et accueillante.

 

Par une lettre ouverte (lire ci-dessous), un parent d’élève lance une alerte sur l’arrêt brutal et non concerté d’un service de garderie sur une école d’Alès.
Ainsi, la fermeture de la garderie des Promelles est révélateur de la logique en œuvre en matière d’éducation à Alès. Cette politique de retrait des services publics est dommageable pour la population et pour l’attractivité de la ville.

Une politique de services publics municipaux de qualité en partenariat avec ceux de l’Éducation nationale est nécessaire pour répondre aux besoins des élèves, des familles et des enseignants. L’éducation doit être une priorité d’action de la municipalité. La première promesse de la République, c’est l’École. L’éducation n’est pas seulement une dépense, c’est d’abord un investissement.
Pour préparer l’avenir de ses enfants, notre ville doit investir fortement dans ses écoles, dans la rénovation des bâtiments, les cantines et l’accueil péri-scolaire.

Gérer une ville c’est choisir et pour ma part, avec mon équipe, nous choisirons d’investir dans l’éducation plutôt que de doubler en un mandat le budget de communication, fêtes et cérémonies (qui est passé de 700 000€ à 1,3 M€ par an, en 2013). Une école de qualité, c’est aussi rendre la ville attractive pour les jeunes couples qui viendront s’installer à Alès parce qu’il y aura l’assurance d’un accueil de qualité pour leurs enfants.

La majorité municipale de droite ne s’est pas pleinement saisi de la réforme des rythmes scolaires à Alès. Je reste persuadé que la mise en place d’un Projet Éducatif de Territoire qui mobilise les parents, les enseignants, les services municipaux, l’Éducation Nationale, les associations est une priorité et qu’il permettra d’améliorer le quotidien des écoliers Alésiens.

Mais la concertation n’est pas le point fort du maire sortant et ce n’est malheureusement pas la première fois qu’en cours d’année, le maire d’Alès stoppe des dispositifs qui sont utiles aux Alésiens, ceci sans préavis. Je pense notamment au retrait autoritaire de 2 études du soir par semaine dans les écoles des Prés Saint-Jean et du quartier des Cévennes.
L’éducation n’est visiblement pas l’affaire du maire sortant.

Benjamin Mathéaud
Conseiller municipal d’Alès
Candidat à l’élection municipale d’Alès

 

______________________________________________________________________

Lettre ouverte d’un parent d’élève et d’un citoyen en colère à la mairie d’Alès quant à sa conception du SERVICE PUBLIC :

Mes enfants sont inscrits dans une petite école de proximité du quartier populaire des Promelles où ils s’épanouissent du fait des petits effectifs et du travail remarquable effectué par l’équipe enseignante.

Depuis 1 an la garderie du matin a fermé par soucis de RENTABILITE car trop peu d’enfants la fréquentaient, une classe a été fermée par soucis de RENTABILITE sans que cela n’émeuve particulièrement les services municipaux concernés. Mardi, nous apprenons par téléphone que la garderie du soir pour laquelle nous payons (certes une somme modique) et que fréquentent nos enfants 3 ou 4 jours par semaine car nous travaillons, va également fermer car fréquentée par trop peu d’enfants, donc dans un soucis de RENTABILITE.

Il est d’ailleurs notable que c’est nous qui avons appris à l’employé de mairie la fermeture de la garderie et qu’il serait par conséquent DELOCALISE dans une autre école. Ce sont les propres mots de son chef de service ! A eux seuls ils traduisent bien l’état d’esprit général…

La question que je pose est toute simple : où est le SERVICE PUBLIC dans tout ça ? La mission d’une garderie scolaire est elle d’être RENTABLE ou bien de permettre à des parents qui travaillent d’inscrire leurs enfants dans l’école de quartier la plus proche de leur domicile ? Cette RENTABILITE ne doit-elle pas se mesurer en prenant en compte l’échelle de la municipalité – voire de l’agglo dans laquelle il y a des garderies très fréquentées et d’autres qui le sont beaucoup moins ?

Et d’ailleurs comment mesure-t-on la RENTABILITE d’une garderie ? Comment mesure-t-on la PRODUCTIVITE d’un employé de mairie qui ne produit rien, si ce n’est un SERVICE ? Ce service ne doit-il pas être assuré, même s’il concerne peu de personnes, ce qui est justement la différence entre une SERVICE PUBLIC et un service assuré par une entreprise privée qui elle se doit d’être RENTABLE ?

En somme, que nous dit-on en fermant cette garderie, à nous citoyens moyens qui comme tout un chacun, travaillons et payons nos impôts, avec fierté qui plus est ?

On nous dit : vous avez tort d’habiter un quartier populaire et d’avoir inscrit vos enfants dans l’école de ce quartier la plus proche de votre domicile, participant par là même au vivre ensemble et à la mixité sociale. Vous avez tort de travailler et de ne pouvoir être disponible pour vous occuper de vos enfants aux heures où l’école s’arrête : démissionnez, occupez-vous de vos enfants, vous permettrez ainsi à la MAIRIE d’ALES de s’occuper de la RENTABILITE de son moindre euro en toute bonne conscience, inscrivez-vous à pôle emploi, touchez des indemnités chômage qui elles ne sont pas versées par la MAIRIE d’ALES mais par l’ETAT… ce qui pour le citoyen moyen revient au même, c’est toujours ses impôts qui financent.

Il me semblait pourtant que le parti politique de M. Roustan passait son temps à claironner les vertus de la valeur travail et à clouer au pilori l’assistanat qu’il dénonce avec constance depuis des années.

Alors quoi ? Le rôle d’une municipalité et de l’action publique de M. Roustan ne devrait-il pas être de permettre aux gens qui travaillent de pouvoir le faire et d’être sûrs que l’école de la République accueille leurs enfants quand ils ont des horaires incompatibles avec ceux de l’école ?

Ce rôle ne devrait-il pas être de permettre à des gens d’un quartier populaire qui viendraient à retrouver du travail de pouvoir le faire en maintenant une garderie ouverte, même avec très peu d’enfants, qui puisse les accueillir ?
Ce rôle ne devrait-il pas être celui d’un planificateur socio-spatial qui viserait à favoriser la mixité sociale d’un quartier en maintenant ouverte la garderie d’une école de quartier populaire, favorisant ainsi que se côtoient dans le même quartier et dans la même école des parents qui travaillent et d’autres qui sont au chômage, des enfants de milieux sociaux différents, assurant ainsi la cohésion sociale, en somme la fraternité inscrite en gros caractères au fronton de la mairie d’Alès ?

Que nous dit-on encore avec cette fermeture de garderie ? Inscrivez-vos enfants ailleurs, dans une école surchargée parce que RENTABLE, qui a une garderie surchargée parce que RENTABLE, et qui a de plus l’immense avantage d’être plus loin de votre domicile et qui va donc nécessiter l’usage quotidien de la voiture, là où nos pieds ou bien le vélo suffisaient pour accompagner les enfants à l’école…

Sur ce point d’ailleurs, il est à noter que le chef de service de la mairie à qui l’on demande si l’on peut faire une demande de dérogation pour inscrire nos enfants dans une autre école n’est même pas capable de nous dire autre chose qu’elle ne sait pas si notre demande peut être acceptée et ne sait même pas à quelle échéance on peut avoir une réponse… En somme la mairie nous dit : nous fermons cette garderie car vos enfants ne sont pas RENTABLES, mais nous n’avons aucune solution à vous proposer, débrouillez-vous !

Il me semblait que le rôle d’une municipalité était d’envisager ces choix politiques et budgétaires en prenant en compte tous leurs aspects, économiques certes, mais aussi et surtout sociaux et environnementaux. On a beau jeu d’afficher une préoccupation de développement durable à coup de voie verte et de salon du véhicule électrique si dans la gestion de la ville, les choix que l’on prend nécessitent d’accroitre les déplacements de la population au quotidien, et transforment un peu plus des quartiers populaires en ghettos en ne favorisant pas la mixité sociale.

J’imagine que le zèle avec lequel la Mairie d’Alès traque la moindre dépense publique superflue dans notre école est appliqué dans tous ses services et à tous ses employés…

J’aimerais d’ailleurs que l’on me dise ce que coûte réellement à la collectivité la présence d’un employé municipal dans la garderie d’une école de quartier 1h30 par jour le soir. Je n’ose même pas parler de sa présence le matin !

J’imagine que ce coût doit être absolument exorbitant pour la collectivité et ne doit avoir aucune commune mesure avec les coûts de représentation ou de communication de nos élus municipaux. J’imagine qu’il est sans commune mesure avec le moindre déplacement d’un élu parcourant quotidiennement l’agglo en voiture, déplacements qui nous sont narrés avec force détails et illustrations dans la gazette tout en couleur de l’agglo, où la page facebook de notre maire, récits qui tous les mois mettent en scène la geste de nos si brillants et visionnaires élus.

Et que dire de la campagne pour les municipales qui ne va pas tarder à s’ouvrir ? J’ose espérer que le soucis de RENTABILITE du moindre euro de dépense publique sera aussi présent lors des campagnes d’affichage, des nombreux déplacements et des réceptions petits fours – pastis offerts aux généreux militants, donateurs et laudateurs du candidat sortant.

Il est un fait que cette lettre a pris un caractère politique, mais la politique au sens noble du terme qui est la participation à l’administration de la cité, au nom de l’intérêt général et du SERVICE PUBLIC. Peu m’importe les partis ou les chapelles, je prétends uniquement faire acte politique en rappelant la mairie d’Alès à ses devoirs en matière de SERVICE PUBLIC.

Olivier Bourda

Ce billet a 0 Commentaire

Laissez un commentaire