Plan Local d’Urbanisme : Alès livrée à une urbanisation déraisonnée et débridée

 

Le projet définitif de Plan Local d’Urbanisme a été soumis au Conseil municipal d’Alès du lundi 18 mars 2013. Voici mon intervention sur ce dossier.

Plan Local d’Urbanisme de la ville d’Alès… par partisocialisteales
Le projet de Plan Local d’Urbanisme que vous nous soumettez part d’une chimère, pour ne pas dire un mensonge, 20 000 habitants supplémentaires d’ici 20 ans à Alès (soit une augmentation de 50%).
L’objectif de 60 000 habitants à Alès d’ici vingt ans est disproportionné et irréaliste : aucun diagnostic précis et argumenté n’accrédite ce chiffre extravagant ! Aucune projection de l’INSEE n’accrédite ce chiffre, aucun argument ne vient étayer cette projection d’augmentation de population alors qu’aujourd’hui plus de 2000 logements sont vacants sur notre commune, soit environ 10% des logements.
Je vous rappelle en outre que durant les 22 dernières années, la population d’Alès n’a augmentée que de 0,95%…
Ce chiffre extravagant de 60 000 habitants dans vingt ans sert en fait à justifier un règlement d’urbanisme qui va livrer pour les vingt prochaines années notre ville à un urbanisme débridé.

Mes chers collègues, je vous invite à mesurer pleinement toutes les conséquences de ce PLU que nous allons voter.
En l’état, l’application de ce PLU aura des conséquences irréversibles pour notre ville.
En matière de cadre de vie, ce sont des autorisations de construction sans précédents sur l’ensemble de notre commune que va permettre le PLU. L’ouverture massive à l’urbanisation, sans phasage dans le temps va engendrer un développement sauvage et anarchique de constructions et d’immeubles.
Déjà défigurée dans le passé, notre ville s’apprête à commettre les mêmes erreurs.
En autorisant la construction d’immeubles de hauteurs excessives dans tous les quartiers d’Alès (dont 24 mètres dans toute la zone U1 qui englobe très largement le centre ville et les Faubourgs) ce PLU va dégrader fortement notre paysage, l’harmonie architecturale et paysagère déjà précaire de nombreux quartiers.
En l’absence d’étude paysagère sérieuse dans les zones urbanisées existantes, le règlement du PLU va laisser libre cours à des opérations d’aménagement opportunistes qui vont servir les intérêts particuliers de quelques uns qui en feront leur choux gras, mais cela est bien loin de l’intérêt général de notre ville et de ses habitants. (à titre d’exemple la colline entre le chemin de St Etienne à Larnac et le chemin de l’Avène, classée jusqu’à présent en zone naturelle et que vous ouvrez à l’urbanisation en zone AU2)
L’ouverture à l’urbanisation de zones inadaptées risque d’avoir des conséquences en matière de santé publique, en surexposant des populations à des risques de pollution des eaux superficielles, et de nuisances sonores.
Le PLU fait l’impasse sur les conséquences qu’auront cette très forte urbanisation en matière de déplacements, de circulation, de stationnement dans notre ville.
Il y a un enjeu d’avenir, vital pour les populations de notre bassin c’est la question de la ressource en eau potable et là également le PLU ne prend pas en compte cette problématique.
Vous n’êtes pourtant pas sans ignorer qu’une augmentation très importante des prélèvements sur le bassin versant des Gardons aggraverait le déficit qui est aujourd’hui de l’ordre de 40%.
Alors sur ce point nous connaissons votre réponse : l’extension du réseau BRL pour faire venir à Alès l’eau du Rhône. Mais c’est une chimère économique puisque les toutes premières estimations chiffrent ce chantier pharaonique à 110 millions d’€ minimum sans parler de la qualité de l’eau qui serait ainsi amenée depuis le Rhône.
Nous voulons tous que notre ville soit accueillante et attractive pour de nouvelles populations. Mais pour cela elle doit miser sur la qualité du cadre de vie. Or, cet enjeu est complètement absent de ce projet du PLU. En l’état nous ne pouvons adopter ce projet de PLU.

Benjamin Mathéaud, conseiller municipal d’Alès

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