Le silence coupable du maire d’Alès Max Roustan sur le projet de schéma de coopération intercommunale

Début mai le projet de schéma de coopération intercommunale du Gard (SDCI) a été adressé pour avis aux conseils municipaux (à Alès aucune copie de ce projet n'a été adressée aux conseillers municipaux de l'opposition…). Les conseils municipaux disposent d'un délai de 3 mois pour se prononcer : à défaut de délibération dans ce délai, l'avis est réputé favorable. Le SDCI du Gard est très important puisque c'est une proposition de redécoupage de la carte des intercommunalités dans le Gard. A Alès le projet prévoit de faire passer l'Agglomération du Grand Alès de 16 communes à 46 en lui adjoignant les communautés de communes d'Anduze, de Vézénobres et du Mont Bouquet.
 
A Alès, aucune réunion du conseil municipal n'est prévue : le maire et Président du Grand Alès Max Roustan ne semble pas vouloir réunir le conseil municipal pour débattre de la proposition du préfet. Comment imaginer que le conseil municipal de la ville centre du Grand Alès reste silencieux sur la question de l'élargissement de l'agglo ? Pourquoi ce silence sur cette question majeure ?
 
En réalité si Roustan ne réunit pas le conseil municipal c'est pour tenter de faire oublier son fiasco sur sa gestion de l'élargissement du Grand Alès et notamment son double discours où d'un côté il clame qu'il est vital pour le Grand Alès de s'agrandir et de l'autre qu'il n'est demandeur de rien concernant l'élargissement.
Dans toutes les intercommunalités concernées cette question divise les populations, les élus, les villages.
Au sein de la communauté de communes autour d'Anduze, Saint Sébastien d'Aigrefeuille et Massillargues ont voté contre et à Tornac le projet préfectoral est passé avec 8 voix pour et 7 contre.
Dans la communauté du Mont Bouquet à Brouzet le SDCI a été adopté avec seulement 5 voix pour, 5 abstentions et une voix contre.
Quand a l'intercommunalité de Vézénobres, 12 conseils municipaux ont d'ores et déjà donné un avis défavorable et à Ners le projet est passé avec 6 voix pour, 5 contre et une abstention.
Mont Bouquet : Brouzet CM 5P-5abst-1C / + 1 commune qui a voté pour rejoindre Vézénobres
 
Une fois de plus Max Roustan est loin d'être à la hauteur sur ce dossier. Le maire d'Alès est aujourd'hui le diviseur alors qu'il devrait être rassembleur des énergies de notre territoire. C'est lui qui a demandé au préfet un élargissement au pas de charge du Grand Alès. Alors que le Grand Alès devrait être attractif il devient repoussoir.
A l'intérieur même du Grand Alès trois communes ont rejeté le SDCI Saint Christol, Saint Jean du Pin et Salindres et de nombreux autres maires et élus s'interrogent fortement même s'ils ne peuvent pas le dire haut et fort compte tenu de la méthode de gouvernance du Président du Grand Alès (cf. infra).
 
Si l'idée d'élargir le Grand Alès n'est pas mauvaise en soi, la méthode utilisée pour y parvenir est plus que contestable : le duo Préfet-Président du Grand Alès a choisi de contraindre plutôt que de convaincre.
 
Toutes ces oppositions sont une double sanction :
Une sanction de la méthode du préfet et à travers lui de celle du gouvernement :
  • absence de concertation préalable avec les élus et les populations
  • consultation fantoche : quelque soit le vote des conseils municipaux le préfet peut ne pas en tenir compte avec la « clause du passer outre »
  • opacité financière. Aucun éclairage sur les incidences de la fiscalité des recompositions intercommunales n’a été apporté par la préfecture.
  • Incohérences et contradictions du projet proposé : le redécoupage est censé être fait selon les « bassins de vie » or dans le bassin d'Alès quid de la Communauté de Communes « Vivre en Cévennes » avec Saint Julien les Rosiers. Quid du Pays Grand-Combien avec Cendras.
Une sanction de la gouvernance Roustan : le Grand Alès fait aujourd'hui figure de repoussoir alors qu'il devrait être attractif. C'est le résultat de la gouvernance de son Président. Il n'arrive pas à convaincre sur sa gestion.
  • absence de réel projet partagé : on est dans une logique de guichet et de troc sans construction de projet de territoire commun (sur les transports, l'habitat, l'économique,…)
  • très fort endettement plus de 1000€ par habitant en dette consolidée. (1017,17 € au 1/01/11).
  • interrogations sur la fiscalité avec la mise en place cette année de la taxe additionnelle et surtout la question de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères qui ne cesse d'augmenter alors même que le Grand Alès a été incapable depuis 15 ans de trouver une solution pérenne au traitement des ordures ménagères.
  • gouvernance brutale : le conseil d'agglo ne sert à rien, il est une simple chambre d'enregistrement. Roustan impose les décisions en conseil des maires, usant de la carotte et du bâton envers les récalcitrants. En fait l'agglo est sous la tutelle du maire d'Alès et de son staff de la ville d'Alès (même directeur général des services, même directeur de cabinet…).
 
Bien loin de l'intérêt général, des populations et de notre territoire, le projet préfectoral de Schéma Départemental de la Coopération Intercommunale est rempli d’incohérences et de contradictions. Il semble plus dicté par le désir de satisfaire des notables locaux que par la volonté de mettre en œuvre une politique ambitieuse d’aménagement du territoire.
 
Benjamin Mathéaud, conseiller municipal d'Alès
 
   

Ce billet a 0 Commentaire

Laissez un commentaire