Sur le dossier Richard Ducros, le maire d’Alès perd ses nerfs au conseil municipal

Max Roustan le député-maire d'Alès a perdu ses nerfs lors du conseil municipal d'Alès du lundi 6 juin 2011.
En effet, une délégation de salariés de l'entreprise Richard Ducros, dont tous les salariés viennent de recevoir leur lettre de licenciement, était venue, dans le public, assister au conseil municipal. Ces salariés ont souhaité que le Maire d'Alès suspende un moment le conseil municipal afin de pouvoir interpeller les élus présents.
Le Maire a refusé cette suspension et cette prise de parole. S'en est suivi un très fort tumulte, la délégation des salariés de Richard Ducros faisant entendre par des cris et sifflets leur mécontentement. Le Maire a continué à dérouler au pas de charge l'ordre du jour du conseil municipal en passant en force et en soumettant au vote les 25 délibérations dans un brouhaha qui a rendu impossible le déroulement normal du conseil. Il n'y a pas eu de présentation audible des délibérations, impossibilité de s'exprimer sur ces dernières, pas d'appels aux votes sur les délibérations qui puisse être entendu par les élus. Pendant les 20 minutes de ce simulacre de conseil municipal, le maire est resté indifférent aux demandes tant des élus d'opposition que des salariés de Richard Ducros. A la fin du « conseil municipal » le maire a fini par céder pour enfin donner la parole à Richard Valmalle délégué du personnel de Richard Ducros…
Le déroulement de cette séance m'a conduit à proposer à mes collègues, élus de gauche dans l'opposition, de demander au Préfet du Gard que dans le cadre du contrôle de légalité, il saisisse la juridiction administrative pour annuler les délibérations de ce conseil municipal. Vous pouvez lire la lettre que nous avons cosignée ici.
 
La situation grave des salariés de Richard Ducros, la profonde souffrance des 300 licenciés et de leurs familles méritait mieux que cette attitude puérile et méprisante du maire d'Alès Max Roustan.
En perdant ainsi ses moyens, le maire a achevé de faire la démonstration que depuis 8 mois, sur le dossier Richard Ducros, il n'a pas été à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre d'un député-maire.
Ce n'est pas la banderole qu'il a fait accrocher sur le balcon de la mairie qui pourra faire oublier son manque d'engagement.
La vérité c'est que ce que Max Roustan pouvait faire pour Richard Ducros, il ne l'a pas fait, et pire a refusé de le faire
 
En novembre 2010 lors de la vente séparée de l'entreprise des 3ha de terrains de Richard Ducros il a refusé d'utiliser le droit de préemption de la ville. Ce refus d'agir est une erreur, une faute majeure.
Je ne sais pas si la préemption de ces terrains par la ville aurait sauvé Richard Ducros. Mais ce dont je suis sur c'est que cela aurait sécurisé les repreneurs potentiels. En effet dès le 9 mars, un des repreneurs qui avait déposé un dossier écrivait aux administrateurs judiciaires pour les alerter sur la nécessité de sécuriser la propriété de ces terrains, préalable à toute éventuelle reprise.
Max Roustan a attendu 6 mois pour réagir sur cette question des terrains. Il aura fallu mon intervention publique pour qu'il tente de prendre le train en marche en faisant voter, fin avril, par le conseil d'agglomération le début d'une procédure d'expropriation avec la “reconnaissance de l’intérêt général de l’acquisition du site Richard-Ducros”. Cette procédure vient bien tard et elle est très hasardeuse car qui peut croire que le groupe Fayat acceptera tranquillement de se faire exproprier ?
 
Pendant ces 6 mois, le groupe Fayat a réalisé le « crime économique parfait ». Après avoir racheté cette entreprise pour une poignée d'euros puis provoqué la mise en redressement judiciaire, Fayat a tout fait pour liquider Richard-Ducros : siphonner les carnets de commandes pour les redistribuer au sein de ses autres usines, refuser de communiquer les pièces comptables, acheter en son nom propre les 3ha de terrains…
 
Pendant ces 6 mois, le silence de Max Roustan a été assourdissant.
Où était le député-maire d'Alès quand il fallait se battre aux côtés des salariés pour faire pression et demander des comptes à Fayat ? Il n'a fait aucune intervention à l'Assemblée nationale.
A-t-on entendu le député-maire d'Alès proposer une mobilisation de toutes les collectivités locales (ville, agglo, département, région) pour tenter de faire des propositions concrètes (aides directes ou indirectes pour les futurs repreneurs, garanties bancaires, aides aux salariés pour un projet de reprise en SCOOP) ?
Aujourd'hui alors que les licenciements sont prononcés, le député-maire brille par sa discrétion pour demander instamment à ses amis UMP au gouvernement de mobiliser des moyens à travers le FNE pour des mesures d'accompagnement des licenciements (pré-retraites).
 
Max Roustan se targue d'être le maire du développement durable, mais hélas il est plutôt le maire du développement durable du chômage dans le bassin Alésien.
 
Benjamin Mathéaud
Conseiller municipal d'Alès
 
Pour écouter l'enregistrement du conseil municipal d'Alès du 6 juin 2011 c'est ici.
 

Ce billet a 1 Commentaire

  1. Tersou dit :

    Je viens par accident, en fait en regardant fayat pour me faire une idee du groupe, d’apprendre le sort des employés de Ducros.

    Pourriez vous me dire qu’elle est la situation actuelle et si nous pourrions reprendre le site industriel.

    Notre groupe cherche un site en Europe pour y construire des générateurs aussi en plus de Ducros nous aurions besoin d’un autre terrain de 10 à 15 hectares.

    Notre technologie est totalement nouvelle et l’opération doit être confidentielle car elle portera un préjudice fatal au nucléaire, chose inacceptable en France.

    Tout ma sympathie aux compagnons de Ducros

    Jean Pierre Tersou
    Président de Ecoelect Montenegro

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