Plan de Prévention des Risques Inondation

Le conseil municipal était appelé à voter ce soir sur le projet de Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRI) d'Alès présenté par la préfecture du Gard. Ci-dessous mon intervention.

Notre département est dans la région le plus touché par le risque inondation et Alès n'y échappe pas. Nous avons tous en mémoire les drames humains que les gardois ont subi à plusieurs reprises 36 morts en 1958, 11 en 1988, 22 en 2002 avec 299 communes sinistrées, 830 M€ de dégâts, 7200 logements et 3000 entreprises sinistrés. Ces catastrophes sont là pour nous rappeler qu'il faut concilier en permanence aménagement du territoire et risque inondation.

Quelles sont les responsabilités des communes : assurer la sécurité des personnes en interdisant les implantations humaines dans les zones les plus dangereuses ; ne pas augmenter les enjeux exposés en limitant l'urbanisation et l'accroissement de la vulnérabilité dans les zones inondables ; diminuer les dommages potentiels en réduisant la vulnérabilité des biens dans les zones exposées

Tout cela ce n'est pas seulement le fait du principe de précaution mais simplement l'objet du bon sens contenu dans la loi Barnier de 1995. Loi que vous avez voté à lors de votre premier mandat de député. Un classique hélas du double jeu politique ou votre main droite approuve à Paris ce que votre main gauche prétend combattre à Alès.

La prescription du PPRI date de 2001. Depuis 9 ans, vous saviez que tôt ou tard le préfet rendrait sa copie. Plutôt que d'anticiper vous avez choisi la politique de l'autruche, faire comme si de rien n'était. Vous avez autorisé nombre de constructions qui se retrouvent aujourd'hui en zone rouge du PPRI. Alors que vous auriez pu, vous auriez du anticiper, prévoir, tirer parti des risques d'inondation, faire des contraintes un atout dans l'urbanisme de notre ville, en développant par exemple des constructions adaptées.

Alors aujourd'hui nous sommes au pied du mur, le projet de PPRI est devant nous. Vous avez choisi d'adopter la posture du soit disant gentil protecteur des intérêts des alésiens qui combat les méchants fonctionnaires de l'état. Mais en fait votre opposition au PPRI est faite de l'alliage de votre orgueil et la défense des intérêts de vos amis.

Votre orgueil car vous avez tout misé sur les travaux du Gardon, en les présentant comme la martingale absolue, les 12 millions de travaux qui mettraient Alès hors d'eau. Ces travaux s'il n'ont pas été complètements inutiles (pour l'embellissement des rives plutôt réussi) sont loin d'avoir fait la preuve éclatante de leur efficacité en matière de lutte contre les inondations. Le recalibrage, le curage du Gardon a fait gagner entre 20 et 30cm de longueur d'eau, c'est toujours ça de pris mais cela reste insuffisant au regard des prévisions de crues et malgré ce que vous pouvez dire ici où là l'impact de ces travaux a été pris en compte par les services de l'Etat. De plus ces travaux ne sont pas durables puisqu'il faudra à nouveau traiter les apports du Gardon, chacun le sait le curage d'une rivière ne dure qu'un temps.

Vos amis. C'est eux que vous choyez dans cette affaire plus que les alésiens. Vous n'êtes pas comme vous voudriez le faire croire le porte parole du peuple alésien mais l'avocat de vos amis promoteurs immobiliers et du premier d'entre eux directement concerné par le classement en zone rouge de certains de ses terrains. (Nous pourrions d'ailleurs discuter de l'intérêt réel pour Alès de cette fameuse zone d'intérêt stratégique alors même que le projet « Porte sud » avait été retoqué par la CNEC aux motifs qu'il fragiliserait l'équilibre existant entre le commerce de périphérie et celui du centre ville et que le nombre d'emplois supprimés par rapport aux emplois crées était sous estimé).

Vous n'êtes pas Saint Louis et vous ne nous enrôlerez pas dans votre croisade dont le but principal est la défense des intérêts particuliers de quelques uns, bien loin de l'intérêt général que tout élu se doit de défendre, à fortiori un député de la République.

L'intérêt général pour nous, c'est le droit des alésiens à la sécurité, la sécurité des personnes et des biens face au risque inondation. Ce sont eux, les particuliers, locataires, petits propriétaires, les plus modestes qui sont les premiers touchés dans ces catastrophes et ce sont ceux aussi qui s'en remettent le plus difficilement.

Nous regrettons que vous n'ayez pas choisi de faire preuve de plus de responsabilité en proposant au conseil municipal de donner un avis favorable à ce projet de PPRI, assorti de réserves et de propositions, cela vous aurait permis d'obtenir l'unanimité du conseil municipal sur ce point.

Nous voterons en faveur du PPRI.

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